Un père, une mère, un enseignant, un ami : L’incomparable bonté du vénéré Khènsour Rinpoché Lama Lhoundroup Rigsèl de Kopan

Tous ceux qui ont eu la chance de se rendre au monastère de Kopan au Népal au cours des 40 dernières années ont très probablement croisé le doux sourire de Khènsour Rinpoché Lama Lhoundroup Rigsèl qui a été au service du monastère de Kopan dans une grande diversité de rôles pendant presque 40 ans. Le titre d’abbé lui fut décerné en 2001 par le Bureau de Sa Sainteté le Dalaï Lama, mais il occupait cette fonction de manière non officielle depuis le décès de Lama Yéshé en 1984. En juillet, il avait renoncé à cette fonction pour raison de santé.

Dans ce numéro, Mandala a souhaité rendre hommage à l’incroyable travail de service qu’il a fourni pour préserver et diffuser le Dharma et réaliser les souhaits de Lama Yéshé et de Lama Zopa Rinpoché. Le travail infatigable et la bonté sans limite de Lama Lhoundroup, dont des milliers d’étudiants à Kopan ainsi que ses étudiants de Singapour, de Malaisie et de Hong-Kong ont bénéficié, sont une source d’inspiration pour nous tous.

Alors que nous mettons sous presse fin août, la condition physique de Lama Lhoundroup continue de s’aggraver ; il est bien malade. Vous pourrez suivre au fur et à mesure l’évolution de la situation sur mandalamagazine.org. Les nouvelles officielles de la FPMT, y compris celles concernant Lama Lhoundroup, sont aussi disponibles sur fpmt.org.

Khènsour Rinpoché Lama Lhoundroup Rigsèl, Monastère de Kopan, Népal, mars 2011. Avec l’aimable autorisation de Jo Hathaway.

Khènsour Rinpoché Lama Lhoundroup Rigsèl, connu dans le monde entier sous le nom de Lama Lhoundroup, est né au Tibet en 1941 dans une pauvre famille paysanne. Il entra au monastère de Séra petit garçon et s’enfuit en Inde en 1959, lors de l’invasion du Tibet par la Chine. À Buxa Duar, le camp de réfugiés dans le nord-est de l’Inde où de nombreux moines furent alors envoyés par le gouvernement indien, il rencontra Lama Yéshé et Lama Zopa Rinpoché et étudia auprès de grands maîtres comme Guéshé Rabten et d’autres.

En 1972, du monastère de Kopan, Lama Yéshé envoya une lettre à Lama Lhoundroup qui vivait à ce moment-là à Mysore en Inde et participait au rétablissement du monastère de Séra. La lettre disait : “J’ai quelques moines ici, peux-tu leur donner des enseignements ? Si, oui, alors s’il te plaît, viens”.

Lama Lhoundroup répondit à Lama Yeshé qu’il n’avait pas assez de connaissances pour enseigner mais qu’il serait très heureux de le voir et qu’il pourrait peut-être venir pour trois mois. L’abbé de Séra Djé dit à Lama Lhoundroup au moment de son départ : “Tu as la permission pour trois mois seulement, aussi quand tu arriveras là-bas, tu lui diras (à Lama Yeshé) que tu ne peux pas rester plus que cela ; et après tu reviendras tout de suite.”

Lama Lhoundroup à Kopan en 1973. Avec l’aimable autorisation de Lama Yeshe Wisdom Archive.

Quand Lama Lhoundroup arriva à Kopan, Lama Yeshé lui dit : “Tu dois devenir le professeur de mes garçons.” A cette époque, le monastère de Kopan, fondé en 1971, abritait 30 jeunes moines venant du Centre du Mont Everest de Lama Zopa Rinpoché à Lawoudo et il devenait de plus en plus urgent que quelqu’un supervise les études de ces jeunes moines. Lama Lhoundroup accepta la requête de Lama Yeshé et demeura fidèlement à ce poste jusqu’en juillet 2011, où la fonction d’abbé de Kopan fut transmise à Guéshé Thoubtèn Chonyi.

Lama Lhoundroup reçut le titre de guéshé en 1987 au monastère de Séra. Pour la dernière session de débat, il se déplaça jusqu’à Séra et on dit que ce débat fut l’un des plus vivants et des plus brillants de l’histoire récente de Séra.

Depuis 1972, près de 800 moines ont été formés au monastère de Kopan, parmi lesquels on trouve les 370 moines qui y sont résidents aujourd’hui. La maison de Kopan à Séra, qui fait partie du Tsawa Kamsen, accueille à l’heure actuelle 80 moines de Kopan qui se préparent à devenir guéshés. Des moines de Kopan étudient également au Collège Tantrique de Gyumé et à l’Université Centrale des Études Tibétaines à Sarnath. Six des guéshés résidents dans les centres FPMT viennent de Kopan. En 1986, la nonnerie de Kopan, Khachoe Ghakyil, fut fondée et depuis cette date environ 450 moniales y ont fait leurs études, dont les 350 actuellement en résidence.

Karuna Cayton, Pam Cayton, Nick Ribush, Thoubtèn Tséring et Lama Lhoundroup, dans le bureau à Kopan aux environs de 1981. Avec l’aimable autorisation de Karuna Cayton.

Karuna Cayton, actuel membre du Conseil d’administration de la FPMT, qui a travaillé main dans la main avec Lama Lhoundroup à Kopan de 1975 à 1988 dit : “L’impact que Kopan a eu, par ses moines et ses cours de méditation, sur des milliers de vies dans le monde entier est incroyable. Je pense qu’il est exact de dire que sans Kopan il n’y aurait pas de centres de la FPMT.

Et sans les centres d’innombrables étudiants n’auraient sans doute pas rencontré Lama Zopa Rinpoché, Lama Yéshé ou le chemin du Dharma. Et sans Lama Lhoundroup il n’y aurait peut-être pas eu de Kopan.”

En plus des centaines de moines et moniales dont Lama Lhoundroup a pris soin pendant plus de 40 ans, il a également de nombreux étudiants à Singapour, en Malaisie et à Hong-Kong où il se rendait régulièrement pour donner des enseignements. Plusieurs milliers d’étudiants ont participé au cours annuel de méditation donné à Kopan au fil des années. L’impact bénéfique de Lama Lhoundroup sur tous ces étudiants, par les vœux de refuge, les enseignements et les conseils qu’il leur a octroyés, puis l’impact que ces étudiants à leur tour ont eu sur les autres, sont incalculables.

Monastère de Kopan en 1972. Avec l’aimable autorisation de Lama Yeshe Wisdom Archive.

“Bien sûr, ajoute Karuna en repensant au développement de Kopan, il y a eu de nombreuses autres personnes importantes au cours des débuts de Kopan, comme Lama Pasang, Guélek Gyatso, Tenpa Tchodèn et toute une foule de bénévoles. Mais c’est Lama Lhoundroup qui a toujours été là. Il a été le ciment qui a fait perdurer la vision de Lama Yéshé, avant et après qu’il quitte son corps en 1984. Lama Lhoundroup se sentait responsable de chacun des souhaits que Lama Zopa Rinpoché et Lama Yeshé avaient pour Kopan. Quand Lama Lhoundroup avait l’impression qu’il n’avait pas répondu aux attentes de Lama Yéshé, il avait le même visage qu’une mère qui n’aurait pas su procurer soins et protection à son enfant. Mais en même temps, quand il avait été réprimandé par Lama Yéshé, alors que moi-même j’étais contrariée, souvent abasourdie et sans voix, Lama Lhoundroup se tournait vers moi et riait doucement. Il connaissait l’amour de Lama Yéshé. Lama Lhoundroup savait qu’il faisait de son mieux. Il savait que nous ferions de mieux en mieux et que nous accomplirions tous les souhaits de Lama Yéshé. Lama Lhoundroup comprenait les extraordinaires qualités de Lama Yéshé et n’était jamais dupe de ce que Lama manifestait simplement pour guider les êtres.”

Lama Lhoundroup à la pouja de longue vie de Lama Zopa Rinpoché à Kopan en 2009. Avec l’aimable autorisation de Wolf Price : Wanderwolf Media (wanderwolf.com).

L’une des réalisations les plus importantes de Lama Lhoundroup à Kopan fut la mise en place d’un programme d’études de philosophie débouchant sur le diplôme de guéshé. Le programme fut officiellement reconnu en 2010 et a déjà produit une quinzaine de guéshés rabjampa. De nombreux autres sont en cours de formation. Grâce aux années d’efforts ciblés de Lama Lhoundroup, le monastère de Kopan a rejoint les trois grands monastères guéloug (Séra, Gendun et Drépoung) ainsi que Tashi Lhunpo, en tant qu’institution habilitée à conférer le titre de guéshé à ses moines.

Lama Lhoundroup a aussi mis en place les études de philosophie pour les moniales de la nonnerie de Khachoe Ghakyil. Grâce à son travail, d’ici à quelques années, les premières moniales pourront obtenir le titre de guéshéma. Lama Lhoundroup prit également la responsabilité de la supervision de la nonnerie de Ratchèn, du monastère de Mu dans le Tsoum et du monastère de Shédup Ling dans le Solo Khoumbou.

Lama Lhoundroup à Kopan, 2003. Avec l’aimable autorisation du monastère de Kopan.

Lama Lhoundroup a participé à la mise en place du Grand festival de prières guéloug du Népal (Nepal Gelug Great Monlam Prayer Festival) que Kopan organise chaque année. Il a aussi aidé à créer le Nepal Gelug Education Forum, au cours duquel tous les monastères guéloug du Népal se rassemblent chaque année pour des débats pendant Jayang Guncho, le grand débat annuel inter-monastique. En 2010, les premiers examens géloug ont eu lieu pour ces monastères. Ces épreuves constituent une étape importante dans la continuité des études de philosophie à Séra Djé.

“Lama Lhoundroup prodiguait patience et attention à chacun des visiteurs de Kopan” a déclaré à Mandala Guéshé Thoubtèn Shérab, directeur de l’école du monastère de Kopan pendant quatre ans. “Il travaillait nuit et jour, écoutait avec sollicitude les plaintes et les problèmes des moines, des moniales, des étudiants du monde entier et de tous les visiteurs qui venaient pour un conseil ou une aide dans leur cheminement. Il répondait avec une attention, une délicatesse et une compassion immenses, sans jamais se plaindre ni se vanter. Il essayait toujours de résoudre les problèmes paisiblement, à quelque moment qu’ils surviennent, en veillant à ce que personne ne soit triste ou blessé.”

Lobsang Drolkar, étudiante de Amitabha Buddhist Center à Singapour, déclarait en 2010 : ” Lama Lhoundroup a fait de Kopan un lieu où tellement d’étudiants ont eu l’impression de vraiment arriver à la maison. Au cours de toutes ces années, j’ai eu beaucoup d’occasions d’observer la façon dont Lama Lhoundroup fait opérer sa magie sur les visiteurs comme sur les étudiants : son ouverture et sa bienveillance si accueillantes, si vastes, la façon dont il éclate de rire, la manière paternelle dont il saisit la main de quelqu’un en écoutant si attentivement ce que l’autre a à dire (même quand c’est sans queue ni tête !).”

Guéshé Chokley, un moine de Kopan qui fut professeur principal à Tsoum, raconte qu’il y a vingt ans déjà “Lama Lhoundroup s’occupait réellement des petits moines comme une mère, il les mouchait et les habillait. Il a consacré sa vie entière aux moines et aux moniales. Les voir devenir bons le réjouissait et le comblait.”

Ani Tènzin Jangsem, directrice de la nonnerie de Khachoe Gakyil, déclarait en juillet : “La bonté de Lama Lhoundroup n’a ni mesure ni comparaison. Même avec son emploi du temps surchargé, il descendait à la nonnerie pour nous enseigner et donner des conseils aux jeunes moniales, leur parler des dix non-vertus, leur dire comment être bonnes envers les autres, avoir un bon cœur, etc. D’autres fois, il enseignait aux moniales plus âgées à psalmodier les prières. Les moniales venaient d’endroits aussi éloignés que le Tibet ou d’autres lieux de l’Himalaya. Tout ce dont les moniales jouissent actuellement, comme la réputation de leur nonnerie à travers le monde par exemple, elles le doivent à la bonté et aux bénédictions de Lama Zopa Rinpoché et à la guidance et au dur labeur de Lama Lhoundroup.”

Lama Zopa Rinpoché et la communauté de Kopan commencèrent à s’inquiéter sérieusement à propos de la santé de Lama Lhoundroup vers la fin 2010. Au bout de plusieurs requêtes, Lama Lhoundroup accepta d’aller consulter le corps médical occidental et il se rendit à Singapour début janvier. Là, il fut hospitalisé et on diagnostiqua un cancer de l’estomac avec métastases à la mi-janvier.

Khènsour Rinpoché Lama Lhoundroup et ses deux intendants, les vénérables Thoubtèn Kunkhen et Lobsang Thardoe, avec Jo Hathaway, son infirmière en soins palliatifs et étudiante, Kopan, 24 août 2011. Photo du vén. Thoubtèn Kunsang.

Jo Hathaway, néo-zélandaise, infirmière en soins palliatifs et étudiante de Lama Lhoundroup, qui est restée à Kopan à partir de janvier 2011 pour prendre soin de lui, déclara à Mandala en juillet :

“Du tout premier jour où Lama Lhoundroup est rentré de l’hôpital de Singapour, son approche de la maladie a été différente de celle de tous les ‘patients’ dont j’ai eu à m’occuper. Alors que nous commencions à discuter des nouvelles procédures pour son alimentation, Lama Lhoundroup s’assit en faisant valser en l’air l’extrémité de sa sonde gastrique, riant et s’exclamant : ‘Regardez, ma nouvelle bouche !’.

“Dans n’importe quelle situation, le Dharma est toujours la première chose présente à l’esprit de Lama Lhoundroup, dit Jo. Les besoins physiques n’ont pas pour Lama Lhoundroup l’importance qu’ils ont pour la majorité des êtres ordinaires et il ne semble pas accorder beaucoup d’attention aux changements qui s’opèrent dans son corps. Cela peut rendre notre travail un peu difficile : essayer de garder le contrôle sur ce qui se passe n’est pas facile car, contrairement à la plupart des gens sérieusement malades, il ne se plaint jamais de rien. Jamais.

“Le souhait de Lama Lhoundroup de rendre les autres heureux prend toujours le pas sur son propre bien-être. Quand nous avons commencé à nous inquiéter des changements physiologiques dans son corps qui pouvaient indiquer qu’il souffrait, j’ai essayé de le questionner à ce sujet. La conversation commença assez bien : “Avez-vous mal quelque part ?” “Oui” “Pouvez-vous me montrer où ?” “Par là”. Puis j’ai adopté le mode “infirmière soucieuse” en me lançant dans une nouvelle  liste de questions. Au lieu de me répondre, Lama Lhoundroup m’a demandé avec un sourire tranquille : “Vous n’aimez pas la douleur ?” J’ai répondu assez perplexe : “Non, bien sûr que non, Khènrinpoché.” (Personne n’aime avoir mal, non ?) Lama Lhoundroup répondit simplement : “Alors je n’ai pas mal” et avec ces mots, il retourna à son texte et continua ses prières du soir. Fin de la conversation. Fin de mes raisons de m’inquiéter.

Une autre fois, alors que nous parlions une nouvelle fois de la douleur, dit toujours Jo, je lui ai demandé comment il aimerait que nous la prenions en charge. Il répondit : “Mieux vaut en faire l’expérience pour le bien de tous les êtres.” Lama Lhoundroup utilise la manifestation de sa maladie pour pratiquer tonglèn pour les autres et il dit souvent aux gens de lui envoyer tous leurs soucis et toutes leurs maladies pour être libérés de la souffrance. Maintenant, je soupçonne que par compassion pour nous et pour nous rassurer, Lama Lhoundroup accepte de faibles doses d’analgésiques, juste assez pour pouvoir bien se concentrer pendant ses prières et ses pratiques mais sans avoir le besoin ou l’intention de mettre fin à l’expérience de la souffrance complètement. Ses idées sur la maladie sont réellement extra-ordinaires !”

Selon Karuna Cayton, Lama Zopa Rinpoché déclara à ceux que la maladie de Lama Lhoundroup inquiétait : “Vous n’avez pas de raison de vous inquiéter pour Lama Lhoundroup car il a passé sa vie à réaliser les souhaits de Lama Yéshé.” Repensant à cela début août, Karuna Cayton déclara : “Je pense que cette qualité de Lama Lhoundroup est juste une des qualités qui le rendent si remarquable. Lama Thoubtèn Yeshé était un lama visionnaire, un rebelle si on peut dire, une sorte d’esprit universel. Dans la société traditionnelle tibétaine, particulièrement la société des moines, l’innovation était regardée avec suspicion. Mais Lama Yeshé voyait clairement les signes du destin pour les exilés tibétains et les bouddhistes de l’Himalaya, et même si ses idées pouvaient sembler radicales, Lama Lhoundroup, d’après mon expérience, n’a jamais manqué d’essayer de réaliser les rêves de Lama Yeshé. Lama Lhoundroup connaissait les extraordinaires attributs de Lama et à partir de là il essaya de concrétiser ses idées, souvent porté par sa seule foi.

En 1995, Lama Lhoundroup déclarait à Mandala :

“Mon principal travail consiste à m’assurer que tous les moines aient une solide instruction et développent une bonne attitude ; ainsi nous réalisons les souhaits de Lama Yéshé. Ainsi, en fin de compte, tous ces jeunes moines, après avoir fini leurs études, au bout de 15 ans, ils savent au moins le tibétain, ils savent lire, écrire et connaissent la philosophie générale. Ainsi, ils peuvent devenir traducteurs, professeurs, ce qu’ils veulent. Je veux qu’ils soient des êtres de qualité, qu’ils aient bon cœur, oui, c’est mon but… C’est le monastère de Lama Yéshé et de Lama Zopa Rinpoché. Ils n’ont pas le temps, aussi je dois faire ce travail pour eux. Avec cela je suis très heureux.”

Lama Lhoundroup et Osèl à Kopan, juillet 2011. Avec l’aimable autorisation de Jo Hathaway.

Quand la santé de Lama Lhoundroup devint de plus en plus délicate, Karuna Cayton et Osèl Hita décidèrent de rendre une brève visite à leur vieil ami et enseignant pour lui présenter leurs respects. Ils arrivèrent à Kopan le 4 juillet sans s’être annoncés, seuls Vén. Roger Kunsang et Lama Zopa Rinpoché savaient qu’ils venaient. Au cours de leur séjour de six jours, ils rendirent visite à Lama Lhoundroup presque chaque jour. C’était aussi la première fois qu’Osèl revenait à Kopan en treize ans, ce fut pour lui comme une sorte de retour à la maison. À la demande de Rinpoché, Osèl prit la parole, à la nonnerie de Khachoe Ghakyil et dans le temple principal de Kopan, de manière extrêmement touchante.

“Pour moi Lama Lhoundroup est “mon ami”, explique Karuna à Mandala. Je n’y mets aucune arrogance ou familiarité. Il est mon kalyanamitra, mon ami spirituel. Si vous connaissez Lama Lhoundroup, alors je pense que vous savez ce que je veux dire et que vous le voyez vous aussi vraiment comme votre ami.”

Un étudiant occidental qui est à Kopan depuis 20 ans fit l’observation suivante à propos de  Lama Lhoundroup : “Dans tous les domaines, il a fait de Kopan le monastère qu’il est aujourd’hui. Il a ajouté chaque élément l’un après l’autre, avec patience et une attention pleine d’amour, prenant conseil auprès de beaucoup et suivant  les instructions de ses maîtres. Ces efforts ont eu pour résultat la Terre Pure de Kopan.”

La vie, les réalisations, le dévouement de Khènsour Rinpoché Lama Lhoundroup Rigsèl méritent d’être célébrés. Comme jeune moine, il se consacra à servir Lama Yéshé et Lama Zopa Rinpoché et passa les 40 années suivantes à réaliser leurs vœux et à prendre soin d’innombrables êtres comme une mère, un père, un enseignant et un ami. Ainsi que Lama Zopa Rinpoché l’en félicita il y a des années, Lama Lhoundroup est “un lama auquel vous pouvez entièrement faire confiance”. Vous êtes invités à vous joindre à la communauté de la FPMT tout entière pour vous réjouir du dévouement incroyable de Khènsour Rinpoché Lama Lhoundroup pour la préservation et la diffusion du Dharma et pour avoir pris soin de Kopan, le cœur même de la FPMT.

En juillet de cette année, le bureau de Kopan diffusa la requête suivante : Notre si bienveillant maître, Lama Zopa Rinpoché, a fait savoir aujourd’hui qu’il serait très bénéfique pour Khènsour Rinpoché si ceux qui ont une connexion karmique avec lui (c’est-à-dire ont reçu de lui des conseils, des transmissions orales, d’autres enseignements, ou ont pris refuge avec lui) peuvent faire la pratique de Ksithigarba aussi souvent que possible.

De nombreuses poujas et prières ont été effectuées pour Lama Lhoundroup à Kopan et par les étudiants de par le monde.

Vous pouvez trouver la pratique de Ksithigarba, et d’autres témoignages sur Lama Lhoundroup par Guéshé Thoubtèn Shérab, Karuna Cayton, Ani Tènzin Jangsèm, Jo Hathaway et d’autres sur www.mandalamagazine.org.

Le nouvel abbé du monastère de Kopan

Khènrinpoché Guéshé Thoubtèn Chonyi

Khènrinpoché Guéshé Thoubtèn Chonyi, né au Népal en 1962, fut ordonné par Lama Zopa Rinpoché en 1974. Khènrinpoché est l’enseignant résident à Amitabha Buddhist Center (ABC) à Singapour depuis 1999. En juillet 2011, il fut sollicité pour remplacer Khènsour Rinpoché Lama Lhoundroup comme abbé du monastère de Kopan. Guéshé Chonyi a été le premier moine de Kopan à devenir un guéshé lharampa, après des études au monastère de Séra Djé et au Collège tantrique de Gyumé. Après qu’il ait passé quelque temps à enseigner à Kopan, Lama Zopa Rinpoché lui demanda d’aller enseigner à Singapour. Pour le moment, il continue à enseigner à Singapour huit mois par an et passe le reste du temps à Kopan où, dit-il, son but est de « continuer ce qui existe déjà et de maintenir le monastère et la nonnerie aussi bien qu’ils l’étaient avant. » L’intronisation officielle de Khènrinpoché Guéshé Thoubtèn Chonyi aura lieu à Kopan plus tard dans l’année.

Colophon : traduit de l’anglais au français par Nathalie Cornu et la Vén. Tènzin Ngeunga, Service de traduction francophone de la FPMT, septembre 2011

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